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Fernand de Parseval (1840-1909)


Colonel d'infanterie
Gouverneur militaire de Monseigneur le duc d'Orléans
Chevalier de la Légion d'Honneur
Chevalier de Malte

Le colonel de Parseval

par le marquis de la Tour du Pin (1910)

Entré à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1857, il y obtint le grade de sergent‑major. A sa sortie de cette école, il fut nommé sous‑lieutenant, le 1er octobre 1859, au 16e régiment d'infanterie, puis y fut promu successivement lieutenant le 12 août 1866 et capitaine le 6 mars 1869. Pendant la guerre de 1870-1871, affecté à l'armée de Paris, il prit part aux principaux combats qui furent livrés sous les murs de la Capitale; sa belle conduite à la bataille de Champigny lui valut d'être proposé pour le grade de Chef de Bataillon, auquel il fut promu au 129e d'Infanterie le 6 mars 1871, le jour même où il atteignait les deux années de grade de capitaine requises pour obtenir le grade supérieur et n'étant âgé que de 31 ans. Nommé lieutenant‑colonel au 10e régiment d'Infanterie le 6 octobre 1882, il passa avec son grade, en 1884, à l'Etat-Major du 6e Corps d'Armée, alors commandé, par le Général Février pour remplir les fonctions de sous-chef d'Etat-Major. Promu Colonel le 13 janvier 1887, il fut maintenu dans les mêmes fonctions après avoir concouru dans l'intervalle pour le Brevet d'officier qu'il obtint brillamment.

Peu de temps après, Monsieur le Comte de Paris avant témoigné le désir de faire achever par un officier supérieur français l'éducation militaire de Monseigneur le duc d'Orléans, le Colonel de Parseval eut l'honneur d'être agréé par le Prince pour remplir cette haute mission. Il prit aussitôt sa retraite, renonçant à une carrière assurée puisque, n'ayant alors que quarante-sept ans, il était le plus jeune d'âge des colonels d'Infanterie. Comme Gouverneur de Monseigneur le Duc d'Orléans, il accompagna le Prince aux Indes, pendant les dix-huit mois qu'il passa dans l'armée anglaise. Plus tard il visita avec lui quelques champs de bataille en Europe, puis aux Etats‑Unis, lors du voyage qu'y fit le Comte de Paris, en 1890, pour se remémorer les souvenirs de la guerre de Sécession. A la majorité du Prince, sa mission auprès de lui étant terminée, le Colonel de Parseval fut attaché à la personne de Monsieur le Comte de Paris, et fit partie de sa maison, jusqu'à sa mort, en 1894.

Depuis cette époque, il ne cessa de lutter pour la défense de ses convictions politiques et sociales, consacrant toute sa vie au service de la cause royaliste et à la propagation des idées de réforme sociale chrétienne ayant pour but de relever la condition des classes ouvrières. Il avait été, après la guerre de 1870, l'un des premiers organisateurs de l'OEuvre des Cercles Catholiques d'ouvriers et n'avait jamais cessé depuis de s'intéresser aux questions sociales. Après la mort de Monsieur le Comte de Paris, il organisa un Comité royaliste d'études sociales dont il présida la première grande réunion qui eut lieu à Reims en 1896, à l'occasion du quatorzième centenaire du Baptême de Clovis. A la suite de cette réunion, il fonda un journal de propagande royaliste et d'études sociales, le Réveil Français, à l'aide duquel il continua à servir par la plume la cause de la Monarchie traditionnelle et celle de la religion catholique.

Il était chevalier de la Légion d'honneur, commandeur des Ordres de François-Joseph d'Autriche et d'Albert le Valeureux de Saxe, chevalier de l'Ordre de Saint Grégoire le Grand, enfin chevalier d'honneur et de dévotion de Saint-Jean de Jérusalem (Malte).

Le grand-père du Colonel de Parseval était officier d'artillerie avant la Révolution. Il émigra en Allemagne et mourut tout jeune en 1796 du chagrin causé par les malheurs de son pays. Le père du Colonel, après avoir été brigadier, puis maréchal des logis aux Gardes de Monsieur, frère du Roi, en 1814 et 1815, fut affecté avec le grade de capitaine au régiment des Cuirassiers d'Angoulême, puis versé dans le corps d'État-Major, à sa fondation, en 1818. Il y termina sa carrière, comme chef d'escadron, officier de la Légion d'honneur. Le Colonel de Parseval était son quatrième fils; les trois autres ont été : l'aîné, officier de cavalerie, le second, officier d'infanterie, le troisième, officier de marine. Les quatre fils de ce dernier ont servi, eux aussi, ‑ deux d'entre eux sont encore en activité, ‑ deux dans l'infanterie, un dans la cavalerie, un dans la marine.

Le 14 décembre 1909, une foule émue assistait, à Saint‑Pierre‑de‑Chaillot, aux obsèques du regretté Colonel de Parseval. Représentants du Prince qui pleure ce serviteur admirable; de l'armee qu'il aima si profondément et où les plus hauts grades lui étaient promis si un devoir supérieur ne l'eût appelé prés de I'Héritier de nos Rois; du parti Royaliste dont il fut l'honneur et l'exemple; des Cercles d'Etudes qu'il fonda, dans un si généreux désir de dissiper les équivoques et de montrer la nécessité d'unir la tradition au progrès; amis qui purent apprécier de plis près les hautes et charmantes qualités de cette nature d'élite; humbles qu'il protégea et secourut toujours avec une si cordiale bonté, se pressaient autour de ce cercueil, et l'on sentait bien quel deuil sincère emplissait les coeurs. A droite, dans le chœur, quatre fauteuils avaient été réservés, au premier rang, pour M. le baron de Fonscolombe, représentant Monseigneur le duc d'Orléans, S. A. R. le duc d'Alencon, M. le baron Tristan-Lambert, représentant LL. AA. RR. le duc et la duchesse de Vendôme et M. le marquis de la Tour du Pin La Charce, bailli de l'Ordre de Malte, représentant l'Ordre. Le deuil était conduit par les commandants André et Frédéric de Parseval, le capitaine Camille de Parseval, neveux du regretté défunt, par son petit‑neveu M. Henri de  Parseval, par MM. de Villèle, de la Bunodière, Tastin de Nouvel et les autres membres de la famille.

Sources