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Alexandre-Ferdinand de Parseval-Deschênes
(1790-1860)

Amiral de France
Chevalier de Saint-Louis
Grand Croix de l'Ordre Impérial de la Légion d'Honneur

Biographie

par Jean-Baudouin de Parseval

De simple mousaillon âgé de 13 ans sur le Bucentaure en 1804, jusqu'au grade le plus élevé de la hiérarchie navale, les brillantes années de services de l'Amiral Ferdinand de Parseval-Deschênes auront été un modèle pour le développement de la puissance navale de la France. A ses qualités de marin hors pair, s'ajoutait une bienveillance et une égalité de caractère qui ne se démentirent jamais. Il était adoré de ses hommes et savait par la politesse de son langage, rendre facile les exigences du service, qui à cette époque étaient particulièrement rudes.

Il était Chevalier de Saint Louis, Grand-Croix de la Légion d'honneur, décoré de la médaille militaire et de la médaille de Sainte-Hélène, Grand-Croix de Sainte-Anne de Russie et du Nicham-Iftikhar, Commandeur de Saint-Georges des deux Siciles, et dignitaire d'un grand nombre d'autres ordres étrangers. Il était en outre Sénateur et président du conseil des travaux de la Marine.

En reconnaissance de sa carrière illustre, la France donna son nom à un bâtiment de guerre, l'aviso Amiral Parseval (1872-1898).

Sa première campagne à 13 ans, Trafalgar à 15 ans !

En 1804, à peine âgé de 13 ans, il s'embarqua comme matelot sur le Bucentaure dans l'escadre de la Méditerranée commandée par le Vice-Amiral de la Touche-Tréville, et assista à la prise du fort le Diamant à la Martinique, puis au combat que l'escadre de l'Amiral de Villeneuve livra, près du Cap Finistère, à la flotte anglaise de Calder, et enfin à la bataille de Trafalgar.

Ce jour là, le 21 octobre 1805, de douloureuse mémoire, le jeune Parseval, alors aspirant provisoire et chef de la hune d'artimon de son vaisseau, vit tous les gabiers qui s'y trouvaient sous ses ordres déquillés par les boulets du Victory, il échappa lui-meme comme par miracle aux débris de la mature se fracassant sur la dunette du Bucentaure. Après trois heures de combats, le Bucentaure fut pris et amariné par les Anglais, puis repris par son équipage. Le vaisseau désemparé se brisa dans la tempête sur un récif à l'entrée de la rade de Cadix. Alors qu'une partie de son équipage fut recueilli par la flotte, l'aspirant de Parseval resté sur les débris du Bucentaure avec quelques uns de ses gabiers, le quitta au milieu de la tempête et gagna à la nage un bateau de pêche qui le déposa à cadix. Traversant à pied l'Espagne avec les quelques survivants du Bucentaure, Ferdinand regagna la France. Il avait alors quinze ans. Les souvenirs poignants de cette première campagne marquèrent toute sa vie.

A partir de cette époque, et pendant les dix années de guerre qui suivirent, il participa à de nombreux combats. En 1809, il était sur l'Italienne commandée par le capitaine Pierre-Roch Jurien de la Gravière, dans le combat victorieux des Sables d'Olonnes contre les Anglais. En 1812, nous le retrouvons enseigne de vaisseau au port de Lorient, prenant part à un combat soutenu par les frégates l'Andromaque et l'Ariane contre les Anglais. L'année suivante, il embarquait sur la Dryade et prit part sur cette frégate au combat qui fut livré avec succès devant Toulon pour dégager le vaisseau le Romulus que la flotte anglaise venait d'encercler.

Le temps des commandements

A partir de 1815, malgré son jeune âge, il avait 25 ans, il commanda successivement 3 avisos et assista le savant Beautemps-Beaupré dans la reconnaissance hydrographique des côtes de Bretagne. Peu après 1819, il passa au commandement de la Sauterelle et pris part à la possession de la Guyane.

Alors lieutenant, il s'illustra en 1822 au naufrage de l'Africaine sur l'île de Sable (Nord de l'Amérique) et fut nommé chevalier de la Légion d'honneur en récompense de ce service signalé, qui lui valut également le commandement du brick le Faune.

Nommé capitaine de frégate en 1827 à 37 ans, Ferdinand de Parseval commande successivement la Bayadère, l'Euryale, l'Armide, la Victoire, le Suffren, la Didon et l'Iphigénie. En 1838, il participa activement avec cette frégate au blocus de Vera Cruz, et à l'attaque du fort Saint-Jean d'Ulloa. Malgré un équipage affaibli et disséminé par la fièvre jaune, mais galvanisé par son commandant, il prit ainsi une part glorieuse aux faits d'armes qui ont marqué l'expédition du Mexique.

Ferdinand de Parseval, au commandement du vaisseau l'Océan fut promu au grade de contre-amiral le 30 avril 1840, puis peu après nommé grand officier de la Légion d'honneur.

Les hautes responsabilités – Le bombardement de Bomarsund

Après avoir occupé les fonctions de major général à Toulon, et de préfet maritime de Cherbourg, il prend en 1841 le commandement de la division navale du Levant puis celui de l'escadre de la Méditerranée.

Vice-amiral le 15 juillet 1846, il occupe diverses hautes responsabilités, dont celle de préfet maritime de Toulon et pour la seconde fois, reprend le commandement en chef de l'escadre de la Méditerranée, portant son pavillon sur le Friedland

En 1851, il est appelé au conseil d'Amirauté, puis à la présidence du conseil des travaux de la marine.

En janvier 1852, l'Empereur Napoléon III l'élève à la dignité de sénateur.

En 1854, l'Empereur lui confie, sur le vaisseau amiral l'Inflexible, le commandement en chef de sa 3ème escadre destinée à opérer dans la Baltique. Son nom est maintenant attaché à la bataille de Bomarsund dans l'île d'Åland située à 150 km au NNE de Stockholm remportée contre la Russie. Une forteresse édifiée par la Russie défendait le détroit de Bomar, cette redoutable fortification tenue par 2400 hommes, avait pour contour les deux tiers d'un cercle de 135 mètres de rayon maçonné sur plusieurs étages et hérissé de 185 pièces d'artillerie. Après huit jours de bombardements au canon de 160 à 550 mètres et de 320 à 750 mètres, l'escadre de l'amiral Ferdinand de Parseval vint à bout de cet ouvrage colossal et c'est le 16 août 1854 que Bomarsund se rendit. Les vaisseaux russes retirés au fond du golfe de Finlande derrière les fortifications de Cronstadt en face de Saint-Pétersbourg, ne devaient plus se montrer dans la Baltique. A l'issue de cette brillante campagne, menée dans des eaux difficiles et avec des moyens insuffisants, l'Empereur éleva l'amiral à la dignité de grand-croix, suivie bientôt de celle d'Amiral de France le 2 décembre 1854, maintenu en activité sans limite d'âge.

La fin...

Ferdinand de Parseval s'éteignit le 10 juin 1860 à Paris. Il avait 70 ans. Ses obsèques, nationales, furent célébrées, par décret du 12 juin 1860 signé de Napoléon III, Empereur des Français, en l'Eglise de l'hôtel impérial des Invalides le 16 juin 1860. On lisait ces mots sur les écussons qui décoraient l'église: "Trafalgar, Alger, Saint-Jean d'Ulloa, Vera-Cruz, Bomarsund". Ferdinand de Parseval repose au cimetière du Père Lachaise à Paris.

Sources